Étape 3. Organisation du processus de PEM

« Avant de commencer, planifiez soigneusement. »

– Marcus Tullius Cicero, 106-43 av. J.-C., homme d’État romain

Quels sont les résultats attendus de cette étape?

  • L’organisation d’une équipe chargée de la planification de l’espace marin dotée des compétences souhaitées ;
  • Un plan de travail qui définit les principaux produits et ressources nécessaires pour atteindre les résultats de la planification dans les temps ;
  • Une définition des limites et du calendrier pour l’analyse et la gestion ;
  • Un ensemble de principes visant à orienter l’élaboration du plan de gestion de l’espace marin ; et
  • Un ensemble de buts généraux et d’objectifs SMART pour la zone de gestion marine.

Introduction

La planification de l’espace marin (PEM) a plus de chances de réussir à atteindre les résultats escomptés ou souhaités lorsqu’elle suit une « approche basée sur des objectifs ». Dans le cadre de la PEM, une telle approche s’articule autour d’une hiérarchie de buts, objectifs et indicateurs qui mesurent l’efficacité des mesures de gestion. Dans l’idéal, les buts et objectifs découleront des problèmes ou conflits spécifiques que vous rencontrez dans votre espace marin (voir Étape 1 – Établissement de l’autorité), et refléteront un ensemble de principes de PEM (voir la Tâche 4 de cette Étape) qui guideront le processus. Une approche basée sur des objectifs suppose que l’analyse effectuée pendant les phases de planification (voir les étapes 5, 6 et 7 du présent guide) est en lien avec les buts et objectifs de la PEM. La réalisation des buts et objectifs passe en outre par la définition des mesures de gestion pendant la phase d’élaboration du plan de gestion (Étape 7 – Élaboration du plan) et par une stratégie de mise en œuvre de ces mesures (Étape 8 – Mise en œuvre du plan).

Cette étape organise le processus pour une PEM fondée sur des objectifs. On l’appelle la « pré-planification » puisqu’elle pose les bases des véritables phases de planification (Étape 5 – Analyse des conditions actuelles et Étape 6 – Analyse des conditions futures). Pour remplir cette fonction, il convient de mettre en place, dans le cadre de la pré-planification :

  • Une équipe chargée de la planification de l’espace marin ;
  • Un plan de travail (comprenant un programme) ;
  • Les limites et le calendrier de la planification ;
  • Un ensemble de principes ;
  • Un ensemble de buts généraux ;
  • Un ensemble d’objectifs clairs et mesurables ; et
  • Une évaluation des risques de problèmes pouvant survenir pendant le processus de planification et des éventuels imprévus.

Quel que soit le contexte, la pré-planification est une composante nécessaire et déterminante de tout processus de PEM.

TÂCHE 1. METTRE EN PLACE L’ÉQUIPE CHARGÉE DE LA PLANIFICATION DE L’ESPACE MARIN

L’organisation de l’équipe en charge de la planification de l’espace marin est une tâche essentielle. S’il est important de disposer d’une équipe pluridisciplinaire composée de biologistes, d’écologues, de géographes, d’économistes et de planificateurs ayant une connaissance de la discipline, il est tout aussi important de pouvoir compter sur quelques-unes des compétences souhaitables présentées dans le tableau ci-dessous. Toutes ces compétences ne doivent pas nécessairement se trouver au sein de l’équipe de PEM. Certaines peuvent être mises à disposition par d’autres organismes gouvernementaux ou ministères, par la communauté scientifique, par des organisations non gouvernementales ou par des consultants. Il conviendra de définir des mesures incitatives pour obtenir ces compétences au cours de la prochaine étape, lors de l’élaboration du plan de travail.

TÂCHE 2. ÉLABORER UN PLAN DE TRAVAIL

Les ressources à la disposition de la PEM, y compris le temps, seront généralement limitées en ce qui concerne la production des informations requises pour la planification, l’élaboration et la mise en œuvre du plan de planification de l’espace, de même que pour l’évaluation de l’efficacité de vos mesures ou activités de gestion s’agissant de faire évoluer les activités humaines vers les résultats souhaités. En conséquence, il est essentiel d’élaborer un plan de travail qui indique le, ou les responsables chargés de réaliser les séquences du processus, à quel moment et à quel coût et l’articulation des différentes séquences entre elles. L’encadré ci-dessous donne un aperçu des étapes habituelles de l’élaboration d’un plan de travail.

Les étapes de l’élaboration d’un plan de travail

  • Dresser la liste des principales activités à effectuer pour élaborer le plan ;
  • Décomposer chaque activité en tâches gérables (tâche qui peut être gérée par un individu ou un groupe et pour laquelle il est facile d’estimer les ressources et le temps nécessaires). Attention cependant, une erreur répandue consiste à décomposer les activités en un trop grand nombre de petits éléments ;
  • Choisir des périodes adaptées au déroulement des activités (par semaine, mois, trimestre) ;
  • Préciser la séquence et les liens entre les tâches (une tâche doit-elle être achevée avant qu’une autre tâche ne commence ? Est-il possible de mener deux tâches en même temps ?) ;
  • Estimer la date de début et la durée de chaque tâche. Cela peut être représenté par une ligne ou une barre sur un graphique. Bien veiller à :
    • 1) Inclure toutes les activités et tâches essentielles ;
    • 2) Garder à l’esprit la charge de travail de chacun ;
    • 3) Repérer où il peut être nécessaire de mettre en place une aide supplémentaire ; et
    • 4) Se montrer réaliste quant à la durée des tâches ;
  • Définir des événements clés (échéances) pour aider à suivre l’avancement du travail. Il s’agit souvent de dates auxquelles une tâche doit être achevée ;
  • Confier la responsabilité des tâches aux différents membres de l’équipe de PEM.

TÂCHE 3. DÉFINIR LES LIMITES ET LE CALENDRIER DE LA PLANIFICATION DE L’ESPACE MARIN

Action 1. Définir les limites

Lorsque vous définissez les limites de votre espace marin, il est important d’établir une distinction entre :

  • Les limites du périmètre de gestion ; et
  • Les limites du périmètre d’analyse.

L’espace pour lequel vous mettez en place la PEM est généralement désigné dans le cadre d’un processus politique et doit, explicitement ou implicitement, être géré comme un ensemble unique, par exemple. la totalité de la zone économique exclusive (Allemagne ou Pays-Bas), les eaux territoriales d’un État spécifique (Californie ou Massachusetts) ou une région biogéographique (Biorégion marine du sud-ouest de l’Australie).

En général, les limites du périmètre de gestion de l’espace marin ne coïncident pas avec les limites d’un écosystème, parce que l’espace désigné pour la gestion couvre souvent, en totalité ou en partie, plusieurs écosystèmes de tailles différentes. En même temps, les limites risquent de ne couvrir que quelques-unes des zones dont les ressources marines sont exploitées et pour lesquelles vous élaborez un processus de PEM. Enfin, les limites ont peu de chances de délimiter l’influence de processus naturels externes à l’espace de gestion désigné, tels que la dispersion des larves, le transport de sédiments ou le dépôt atmosphérique d’éléments nutritifs.

En conséquence, les limites du périmètre d’analyse de la PEM coïncideront rarement (et n’ont pas à coïncider) avec celles du périmètre de gestion. En revanche, définir un périmètre d’analyse (par ex., pour la planification) plus grand que le périmètre de gestion (par ex., pour la mise en œuvre) vous permettra d’identifier les sources d’influence (telles que les sources de pollution) qui ont des répercussions sur votre zone de gestion et, en fin de compte, d’inclure les autorités ou institutions responsables de ces sources dans la mise en œuvre de votre plan de l’espace marin.

Le plan de gestion de la zone spéciale de l’État de Rhode Island (2010, voir Documents clés de la PEM) est un exemple de bonne pratique de définition des « limites du paramètre d’analyse ». Bien que l’État ne soit compétent que dans un rayon de trois milles marins (NM) de la côte, la limite de planification de la « zone d’étude océanique » a été étendue à 20 NM.

Action 2. Définir le calendrier

En plus de définir des limites, il est essentiel d’établir un calendrier pour votre initiative de PEM. Ce calendrier comprend deux parties :

Le calendrier devra fréquemment coïncider avec d’autres périodes de planification nationale. Par exemple, le Viet Nam dispose d’un cycle de planification économique quinquennal auquel doivent se conformer tous les autres plans, y compris les plans de planification de l’espace marin.

TÂCHE 4. DÉFINIR DES PRINCIPES

La PEM doit suivre un ensemble de principes qui :

Les principes peuvent venir de plusieurs sources, dont des traités et accords internationaux, des politiques et législations nationales ou encore des exemples de bonnes pratiques. Il est important de garder à l’esprit que les principes ne valent pas pour eux-mêmes mais doivent être pris en considération tout au long du processus de PEM, en particulier dans les buts et objectifs que vous définirez plus tard. De nombreuses organisations et institutions ont déjà défini des principes pour la PEM. Ils sont variés et souvent très proches des buts.


DÉFINITION. Un principe est une qualité ou une composante de base ou essentielle qui détermine la nature intrinsèque ou un fonctionnement caractéristique de la PEM.


Exemples de principes applicables à la PEM

Le principe d’intégrité des écosystèmes Ce principe implique de mettre l’accent sur le maintien de la structure et du fonctionnement des écosystèmes d’une zone de PEM. Il suppose la prise en considération du fait que les écosystèmes sont dynamiques, en évolution permanente et parfois mal compris (ce qui nécessite de faire preuve de prudence lors des prises de décisions).
Le principe d’intégration Il est souvent efficace d’adopter une gestion sectorielle et institutionnelle compartimentée ou cloisonnée, mais cela entraîne des coûts importants liés à l’absence de coordination qu’il convient d’identifier et de traiter. La PEM peut jouer un rôle essentiel en facilitant la cohérence et l’intégration. L’intégration entre les niveaux d’autorité gouvernementale peut aider à créer des décisions et des mesures complémentaires qui se renforcent mutuellement.
Le principe de fiducie d’intérêt public Ce principe (ou doctrine) implique que les ressources marines, y compris l’espace marin, appartiennent à la population et sont détenues par l’État pour le compte des générations présentes et futures. L’espace marin doit être géré comme un « bien commun », c’est-à-dire comme une partie du domaine public qui n’appartient exclusivement à personne et ne profite pas à un groupe particulier ou à un intérêt privé.
Le principe de transparence Ce principe suggère que les processus utilisés pour prendre des décisions doivent pouvoir être facilement compris par la population et permettre aux citoyens de voir comment les décisions sont prises, comment les ressources sont allouées et comment les décisions qui ont une influence sur leur vie ont été adoptées.
Le principe de précaution Ce principe suggère que si une décision peut causer un préjudice grave ou irréversible à la société ou à l’environnement, en l’absence d’un consensus scientifique sur le fait qu’un dommage ne se produira pas, la charge de la preuve incombe à ceux qui préconisent la prise de la mesure.
Le principe pollueur-payeur Les coûts liés à la pollution ou au préjudice causé à l’environnement doivent être payés par la partie responsable.

TÂCHE 5. DÉFINIR LES BUTS ET OBJECTIFS

Préciser les buts et objectifs de la PEM est essentiel pour vous aider à cibler et adapter vos activités de PEM vers les résultats souhaités. De manière générale, vos buts et objectifs devraient découler des problèmes et conflits identifiés dans l’Étape 1 – Établissement de l’autorité. Contrairement à ce que l’on présume souvent, il y a une différence entre les buts et les objectifs.

Certaines différences entre les buts et les objectifs sont :

  • Les buts sont larges ; les objectifs sont restreints ;
  • Les buts sont des intentions générales ; les objectifs sont précis ;
  • Les buts sont intangibles ; les objectifs sont tangibles ;
  • Les buts sont abstraits ; les objectifs sont concrets ; et
  • Les buts ne peuvent pas être mesurés ; les objectifs peuvent être mesurés.

DEFINITION. Un but est une déclaration d’orientation ou d’intention générale. C’est une déclaration de haut niveau du résultat que vous souhaitez atteindre. Les buts fournissent un cadre pour l’élaboration de tous les objectifs et reflètent les principes sur lesquels se fonderont ces objectifs.


Quelques exemples de buts de la PEM :

  • Conserver ou protéger les ressources marines ;
  • Conserver la structure écologique – à tous les niveaux d’organisation biologique – pour maintenir la biodiversité et la résistance naturelle de l’espace marin ;
  • Protéger les zones revêtant un intérêt écologique particulier ;
  • Régénérer les zones dégradées ;
  • Garantir la durabilité de l’exploitation de l’espace marin à des fins économiques ;
  • Promouvoir des utilisations appropriées de l’espace marin ;
  • Réduire et résoudre les conflits entre les activités humaines actuelles et futures ;
  • Réduire et résoudre les conflits entre les activités humaines actuelles et futures et la nature ; et
  • Veiller à ce que le public bénéficie des retombées économiques de l’utilisation de l’espace marin.

La croissance bleue peut constituer un but de la PEM

Selon le cadre et la terminologie de ce guide sur la PEM, la « croissance bleue » peut constituer un but (et un résultat) de la PEM. Il n’existe pas de définition largement reconnue de la croissance bleue ou de l’économie bleue. Les racines du concept de croissance bleue remontent aux premières discussions sur le développement durable et la « croissance verte » dans les années 1970, lors de la première conférence des Nations Unies sur le développement durable à Stockholm, de la deuxième à Rio en 1992, de la troisième à Johannesburg en 2002 et de Rio+20 en 2012. Un groupe de petits États insulaires en développement (PEID) a souligné l’importance de l’« économie bleue » et de la « croissance bleue ». Depuis la conférence Rio+20, le concept de croissance bleue est largement utilisé et a gagné en importance dans le domaine du développement des ressources marines dans de nombreux pays, tant au niveau régional qu’international (Eikeset et al. 2018). Par exemple, en 2012, la Commission européenne (CE) a formulé sa stratégie de croissance bleue afin d’exploiter le potentiel des océans, des mers et des côtes d’Europe pour la croissance et l’emploi. Le but de la stratégie de croissance bleue était de promouvoir une croissance intelligente, durable et inclusive ainsi que des opportunités d’emploi dans la communauté maritime européenne. En 2017, la CE a lancé une nouvelle initiative d’investissement de 14,5 millions d’euros pour promouvoir davantage la croissance bleue durable dans toute l’UE. La FAO a lancé son initiative de croissance bleue en 2013. L’Intelligence Unit du magazine The Economist a élaboré une définition de travail pour le Sommet mondial de l’océan de 2015 : « Une économie océanique durable émerge lorsque l’activité économique est en équilibre avec la capacité à long terme des écosystèmes océaniques à soutenir cette activité et à maintenir leur résilience et leur bonne santé ».

Le gouvernement des Seychelles a adopté le concept d’« économie bleue » en vue de parvenir à un développement économique durable grâce à une économie basée sur l’océan. Le gouvernement a créé une agence spécialisée (ministère des Finances, du Commerce et de l’économie bleue) chargée de superviser la finalisation et la mise en œuvre d’une feuille de route pour l’économie bleue aux Seychelles, une transition vers une économie durable basée sur l’océan. Dans ce pays, le concept fait référence aux « activités économiques qui se déroulent directement ou indirectement dans l’océan et les zones côtières, qui utilisent les produits de l’océan et qui apportent des ‘biens et services’ aux activités liées à l’océan, ainsi que la contribution de ces activités à la croissance économique et au bien-être social, culturel et environnemental ». Aux Seychelles, l’« économie bleue » permet de passer d’un statu quo où les océans étaient considérés comme un lieu d’extraction gratuit des ressources et de décharge de déchets sans limite à un statu quo où la valeur des services océaniques est prise en compte dans le processus décisionnel et où les bénéfices sont partagés plus équitablement pour tous les Seychellois. Les buts du gouvernement comprennent la diversification économique, la sécurité alimentaire, la gestion durable de l’environnement marin et la création d’emplois, en particulier à forte valeur ajoutée. La PEM fait partie intégrante de la feuille de route de l’économie bleue aux Seychelles.

TÂCHE 6. IDENTIFIER LES RISQUES ET ÉLABORER DES PLANS D’INTERVENTION

« La gestion par objectifs fonctionne si vous réfléchissez d’abord à vos objectifs. Dans 90% des cas, vous ne le faites pas. »

– Peter Drucker, 1909-2005, auteur et consultant américain dans le domaine de la gestion

Une fois que vous avez établi les buts de votre plan de l’espace marin, il est temps de réfléchir aux objectifs et aux mesures de gestion dont vous aurez besoin pour les atteindre.


DÉFINITION. Un objectif est une déclaration de résultats souhaités ou de changements de comportement observables qui représentent la réalisation d’un but.


Pourquoi des objectifs mesurables sont-ils importants ?

Les objectifs mesurables jouent un rôle essentiel dans l’évaluation des performances, la réduction de l’incertitude et l’amélioration de la PEM au fil du temps. Étant donné que les objectifs de gestion sont utilisés pour guider les décisions relatives à la gestion des activités humaines dans les zones marines, ils doivent être plus spécifiques que les déclarations « générales ». Par exemple, des déclarations génériques telles que « maintenir la biodiversité marine » ou « améliorer la qualité de l’eau » sont des déclarations générales (buts) qui justifient des mesures de gestion, et non des objectifs mesurables qui peuvent aider à guider la prise de décision.

Les objectifs découlent des buts et constituent des « tremplins » vers leur réalisation. Les buts peuvent avoir plus d’un objectif. Par exemple, un but visant à maintenir la biodiversité marine peut comporter des objectifs liés à la fois aux espèces, y compris celles qui sont menacées ou en voie de disparition, et aux habitats.

Les buts expriment des aspirations, les objectifs sont opérationnels. Les buts sont qualitatifs ; les objectifs doivent être quantitatifs dans la mesure du possible. Les bons objectifs sont spécifiques, mesurables, réalisables, pertinents et limités dans le temps, c’est-à-dire SMART.

Caractéristiques des objectifs SMART

SPÉCIFIQUE

L’objectif est-il concret, détaillé, précis et bien défini ? L’objectif définit-il un résultat ?

MESURABLE

Est-il possible de mesurer ce que nous voulons faire ? L’objectif peut-il être exprimé sous forme quantitative ?

RÉALISABLE

Le niveau d’efforts et de ressources nécessaires pour réaliser l’objectif est-il raisonnable ? Pouvons-nous l’atteindre ? Avons-nous ou pouvons-nous avoir les ressources nécessaires pour atteindre l’objectif ?

RÉALISTE

Cet objectif conduira-t-il à un but souhaité ? Les connaissances, l’autorité et les capacités nécessaires sont-elles disponibles ?

LIMITÉ DANS LE TEMPS

Quand atteindrons-nous l’objectif ? Les dates de début et de fin sont-elles clairement définies ?

Dans l’idéal, les objectifs de la PEM doivent avoir les caractéristiques décrites dans la liste ci-dessous. Il n’est possible de suivre et d’évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des résultats souhaités que si les objectifs sont définis de cette façon. Souvent, vous commencerez par décrire des objectifs préliminaires et indicatifs que vous affinerez lorsque vous les réexaminerez un peu plus tard dans le processus de PEM (voir Étape 7 – Élaboration du plan et Étape 9 – Évaluation de l’efficacité).

Quels sont quelques exemples d’objectifs SMART ?

  • Protéger 90% de l’habitat essentiel des oiseaux plongeurs d’ici 2018 ;
  • Garantir la disponibilité d’un espace marin adapté pour la production de 25% des besoins énergétiques à partir de sources de production en haute mer d’ici 2020 ;
  • Mettre en œuvre un réseau représentatif de zones marines protégées d’ici 2012 ; et
  • Réduire de moitié le temps nécessaire à la prise de décisions relatives aux permispour la construction maritime d’ici 2015.

Existe-t-il des exemples d’objectifs SMART utilisés dans la pratique de la PEM ?

Les objectifs bien spécifiques et mesurables, c’est-à-dire SMART, sont rares dans la pratique de la PEM. Toutefois, quelques exemples existent. L’Écosse, par exemple, a plusieurs objectifs SMART pour l’aquaculture dans son projet de plan de l’espace marin :

  • D’ici 2020, augmenter la production durable de poissons à nageoires de 4% par an pour atteindre une augmentation de 50% par rapport à la production actuelle ;
  • D’ici 2020, augmenter de 50% la production durable d’eau douce de saumon juvénile et de truite ; et
  • D’ici 2020, augmenter la production durable de coquillages, notamment de moules, d’au moins 100%.

Le Royaume-Uni s’est engagé juridiquement à fournir 15% de sa demande énergétique à partir de sources renouvelables d’ici 2020. Sa loi sur le changement climatique exige du Royaume-Uni qu’il réduise ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 80% par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2050, malgré une augmentation de la demande en électricité de 30% à 100% d’ici 2050.

En vertu de la loi allemande sur les énergies renouvelables, d’ici 2020, 10 000 mégawatts (la production de 10 centrales nucléaires) seront connectés au réseau et la part des énergies renouvelables dans le mix électrique allemand passera de 12% à 20%. Pour atteindre cet objectif, l’Allemagne a ouvert 20 zones à la construction de parcs éoliens dans la mer du Nord et la mer Baltique.

Conseils pour rédiger des objectifs SMART

Ces idées peuvent paraître simples, mais c'est souvent les choses simples qui sont négligées ou mises de côté.
  • Assurez-vous de bien faire la différence entre les buts et les objectifs ; précisez tous les objectifs dont vous pensez avoir besoin pour atteindre chaque but ;
  • Vous n’êtes pas obligé de suivre l’ordre SMART ; en général, il est préférable de commencer par « mesurable » (comment mesurer ce que vous souhaitez atteindre ?) car c’est l’élément le plus important. Quels indicateurs allez-vous utiliser pour définir le succès ?
  • « Réalisable » est lié à « mesurable ». Il ne sert à rien de définir un résultat dont vous savez que vous ne pourrez pas l’atteindre, ou un résultat pour lequel vous ne pouvez pas dire si ou quand vous l’avez atteint. Comment décider s’il est réalisable ? Disposez-vous des ressources nécessaires pour le réaliser ? Ces questions sont importantes ;
  • Le diable est dans les détails. Les personnes concernées comprennent-elles toutes vos objectifs ? Ont-ils été formulés sans vocabulaire technique ? Avez-vous défini vos termes ? Avez-vous utilisé un langage simple ?
  • « Limité dans le temps » implique de fixer des échéances, sinon vos objectifs ne seront pas mesurables ;
  • Définir des objectifs SMART est une tâche difficile mais qui en vaut la peine ; ainsi vous saurez réellement que vous avez accompli quelque chose.

Adapté de : Andrew Bell, “Ten Steps to SMART Objectives”

Les objectifs doivent utiliser la voix active et des verbes forts comme livrer, conduire et produire, plutôt qu’apprendre, comprendre, encourager. Les objectifs peuvent aider à axer le plan sur ce qui compte — les résultats ou produits réels.

TÂCHE 7. IDENTIFIER LES RISQUES ET DÉVELOPPER DES PLANS D'INTERVENTION

Toute pré-planification devrait inclure une évaluation des risques pouvant survenir pendant le processus de planification. Les questions à prendre en considération incluent : qu’est-ce qui pourrait retarder ou compromettre des étapes et des tâches clés du processus de PEM ? Quel est le chemin critique parmi les étapes à suivre ? Quelles mesures d’urgence pourraient être prises pour faire face aux risques mis en évidence ?

Un exemple pourrait être : que faire si les parties prenantes ne parviennent pas à s’entendre sur un ensemble commun de buts et d’objectifs ou n’ont pas réussi à le faire dans le temps imparti ? Dans certains cas, cette situation pourrait être anticipée en réduisant l’éventail des questions traitées dans le plan, en particulier les questions litigieuses car cela réduirait aussi le nombre des parties prenantes. Par exemple, au Massachusetts, la pêche est explicitement exclue du plan en cours d’élaboration (voir la loi sur les océans). Si cette option peut sembler séduisante, elle présente un risque plus grand et à plus long terme que le plan de l’espace marin final ne soit ni complet ni cohérent. En outre, les questions posant problème devront de toute façon être abordées à un autre moment.

D’autres risques prévisibles incluent les événements spécifiques qui modifient le contexte du processus de PEM. En Norvège, par exemple, des élections générales se sont déroulées en septembre 2009. En conséquence, le processus d’approbation de l’actuel plan de gestion de la mer de Norvège s’est déroulé bien plus rapidement que pour le plan précédent concernant la mer de Barents afin de pouvoir être présenté avant les élections. Il a donc été décidé que la phase d’évaluation des répercussions serait menée à un rythme accéléré, ce qui a réduit le temps consacré à un contrôle approfondi de la qualité ainsi qu’aux consultations publiques.

Bonnes pratiques pour organiser le processus de PEM

Une fois que l’équipe en charge de la PEM a été mise en place, il est important de mener des travaux préparatoires nécessaires avant de lancer dans la collecte de données. L’élaboration d’un plan de travail général avec des tâches, un calendrier (une échéance pour l’élaboration du plan a-t-elle été fixée par un processus juridique ou politique ?) et l’allocation initiale des ressources doit être une priorité – le plan de travail changera au fur et à mesure de l’évolution du processus de planification. La plupart des initiatives de PEM qui sont menées à bien jusqu’à la phase d’élaboration du plan de gestion ont bénéficié d’un plan de travail solide.

L’identification des limites et du calendrier de la planification est une tâche initiale importante. Pour les besoins de la collecte et de l’analyse des données, les limites de la planification doivent dépasser la limite administrative du plan. Lors de la préparation de son premier plan de « mer territoriale » en 1990, l’État de l’Oregon (États-Unis) a identifié une « zone de gestion océanique » s’étendant de 38 à 105 km au large des côtes, alors même que la juridiction de l’État ne s’étend que jusqu’à trois milles nautiques. L’État de Rhode Island (États-Unis) a également fixé la limite de sa « zone d’étude océanique » à 20 milles marins au large des côtes afin d’inclure les eaux relevant de la juridiction nationale ainsi que les eaux de l’État.

Le Mexique (golfe du Mexique et golfe de Californie) de même que l’Angola, la Namibie et l’Afrique du Sud (courant de Benguela) ont mis en place des initiatives de PEM dont les limites de planification correspondent à celle des grands écosystèmes marins.

Plus important encore, la pré-planification doit inclure la rédaction initiale des principes, buts et objectifs par l’équipe chargée de la PEM. Bien que ces informations provisoires doivent être présentées aux parties prenantes au début du processus de planification (et seront sans aucun doute largement modifiées et reformulées par la suite), il est essentiel que les parties prenantes comprennent les différences entre ces idées. Un effort particulier doit être fait pour définir des objectifs de planification SMART, c’est-à-dire spécifiques, mesurables, réalisables, réalistes et limités dans le temps. Un exemple de bonne pratique en matière de définition d’objectifs SMART se trouve dans le Plan de gestion intégrée pour la mer du Nord 2015 des Pays-Bas et ses deux révisions.

Trop souvent, les efforts de PEM se limitent à identifier des buts généraux (parfois qualifiés d’« objectifs ») sans définir des objectifs qui soient au minimum spécifiques, mesurables et limités dans le temps. Certaines initiatives de PEM n’identifient ni buts ni objectifs. Sans objectifs spécifiques qui permettent de répondre à une question de planification fondamentale, « où souhaitons-nous aller ? », le processus se heurtera à des problèmes lors de l’identification des actions de gestion et de l’élaboration du plan de gestion final. Sans objectifs mesurables et limités dans le temps, il sera impossible de mesurer le « succès » des actions de gestion individuelles et du plan global. Malheureusement, c’est souvent le cas dans la pratique.

Références utiles :

Bell, Andrew, updated. Ten steps to SMART objectives. Available at:
https://www.natpact.info/uploads/Ten%20Steps%20to%20SMAR %20objectives.pdf

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